PARUTION SEPTEMBRE 26

1969-1982. España en el mundo:
esperanzas e incertidumbres

Pierre-Paul Grégorio & Alejandro Román Antequera (eds.)

Comme l’explique Vernon Walters dans ses mémoires consacrés à son activité diplomatique, officielle ou non, tout au long des années 60 et 70, la question de l’avenir de l’Espagne, après la mort de Franco, a toujours revêtu une importance certaine à Washington. Il en allait de même, bien que souvent pour des raisons différentes, dans les capitales de l’Europe occidentale ou à Moscou. Une importance qui, selon certains auteurs, s’est traduite par un degré variable d’interventionnisme, pour ne pas dire de planification, favorisant l’émergence ou la consolidation de certaines forces politiques au détriment d’autres, dans le but de garantir l’absence totale de soubresauts inquiétants au cours du processus de démocratisation. Une démocratisation qui, de Washington à Paris, en passant par Bonn et Londres, constituait en définitive le dénominateur commun de l’intérêt manifesté pour l’Espagne. Approfondir l’analyse du regard porté depuis l’étranger sur l’Espagne de la fin du franquisme, mais aussi de la Transition, invite à s’interroger sur la manière dont s’est déroulée la double transition, interne et externe, de l’Espagne, et sur ses effets. Entre 1969 et 1982, période étudiée dans les différentes contributions présentées dans cet ouvrage, l’Espagne est passée de la mise en avant du « Spain is different » de Fraga, comme moyen à la fois de justification et d’acceptation internationale du régime franquiste, à partir d’une singularité revendiquée, à la recherche et à l’obtention de ne plus être vue comme l’exception — plus ou moins exotique, mais aussi plus ou moins gênante — au sein du bloc occidental.

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